Mario Balotelli, le bad boy du football italien

Dans le septième épisode de notre rubrique "Enfants terribles", nous revenons dans le monde du football avec Mario Balotelli, sans doute l'un des joueurs les plus excentriques de l'histoire de ce sport. Dommage, car l'Italien de 29 ans aux racines ghanéennes semblait promis à une très grande carrière.

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Folie ou génie? La frontière entre les deux est parfois très mince. Malheureusement pour Mario Balotelli, après 13 saisons de football professionnel, la balance penche du mauvais côté. Ses excès sur et en dehors du terrain ont éclipsé son indéniable talent, au grand dam de ses coéquipiers et entraîneurs. Malgré 397 matches et 161 buts au plus haut niveau, sa carrière est surtout un festival d'opportunités manquées. Après des débuts tumultueux à l'Inter Milan et à Manchester City, les choses n'ont cessé de se dégrader. Il passe de club en club et la presse à sensation se délècte des dérapages de Super Mario.

L'Italien possède pourtant une armoire à trophées qui en ferait pâlir plus d'un: 4 titres (3 en Italie et 1 en Angleterre), 2 coupes et une médaille d'argent à l'Euro 2012. Mais après un départ éclair, le Golden Boy 2010 n'aura jamais la carrière qu'il aurait dû avoir.

"Why always me?"

"Why always me?"

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"Je suis différent tu trouves un autre gars comme moi, alors je te paye un dîner!" Une citation résume parfaitement le personnage. Grand, fort, rapide, disposant d'une très bonne technique et d'un excellent jeu de tête, il est le prototype de l'attaquant moderne. Les seules choses qui lui manquent pour faire partie des tout grands sont sans doute une discipline et une mentalité de fer.

Après un départ canon avec à peu près toutes les clubs qu'il a passés en revue au cours de sa carrière, Balotelli retombe rapidement dans ses vieilles habitudes. La veille du Derby de Manchester en octobre 2011, Balotelli allume un feu d'artifice dans sa salle de bain, mettant ainsi le feu à une partie de sa maison. Le lendemain, il est présent au coup d'envoi et contribue à large victoire de son équipe (1-6) contre ses éternels rivaux avec deux buts. Il le célèbre avec un t-shirt portant l'inscription " Why always me?" ("Pourquoi toujours moi ?"). Un an plus tard, il gratifie le public d'une nouvelle célébration marquante après son but légendaire contre l'Allemagne en demi-finale de l'Euro 2012. Super Mario jette son maillot sur le sol et prend une pose de bodybuilder. Lorsqu'on lui demande pourquoi il célèbre son but de cette façon, il répond: "Je célèbre pas mes buts parce que c’est mon travail, t’as déjà vu un facteur sauter de joie quand il vient de livrer un colis?

L'excentricité prend le pas sur le talent

L'excentricité prend le pas sur le talent

© Lapresse

Cependant, frasques et performances de haut niveau ne font pas souvent bon ménage. Et les exemples sont légion. L'excentrique attaquant italien des Sky Blues a par exemple reçu une amende très salée après avoir lancé des fléchettes "par ennui" sur de jeunes joueurs du centre de formation. En 2010, il effectue avec son frère une visite inopinée dans une prison pour femmes "par curiosité".

Sur le terrain, l'attaquant d'origine ghanéenne devient rapidement victime de racisme. Début novembre 2019, un nouvel incident touche la Seria A, connue pour ses nombreux ultras racistes. Dans un match contre l'Hellas Vérone, Balotelli réagit en dégageant le ballon dans les tribunes. Il faut alors toute la force de persuasion de ses coéquipiers et de ses adversaires pour maintenir l'enfant terrible sur le terrain. A la 85e minute, il prend en quelque sorte sa revanche en sauvant l'honneur des siens (2-1).

Mais son manque de discipline et ses fautes professionnelles trop fréquentes font que ses équipes finissent par vouloir se débarasser de l'excentrique Italien. Même "son" Brescia ne souhaite pas continuer avec Super Mario à la fin de cette saison. Reste à voir qui lancera une enième bouée de sauvetage au célèbre bad boy...

Fan de notre séries sur les enfants terribles du sport? Lisez notre article sur NIck Kyrgios!

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