“Back to School” pour la Jupiler Pro League

La saison 2018/2019 s’est terminée en sacrant un beau champion, le Racing Genk, mais aussi en couronnant une équipe de Proximus League en Coupe de Belgique, le KV Mechelen. Mais cette saison écoulée a également été marquée par quelques ombres au tableau. Comme la tristement fameuse ‘Opération Mains Propres’ qui a secoué le landernau du ballon rond belge.

La rentrée : les clubs de D1A ont-ils fait leurs devoirs ?

La rentrée : les clubs de D1A ont-ils fait leurs devoirs ?

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Un mercato record en Jupiler Pro League

Néanmoins, la page est tournée et la vie reprend son cours. Depuis plus d’un mois, les 16 équipes de la Jupiler Pro League ont repris la compétition et toutes ont été assez actives durant le mercato estival. Au point qu’on peut parler d’un été record avec près de 220 départs de joueurs et plus de 270 arrivées pour une balance financière globale largement bénéficiaire (revenus des transferts :  221 millions d’euros, dépenses de transferts : 134 millions)

Aujourd’hui, près de 60 % des joueurs sous contrat en Jupiler Pro League sont des footballeurs étrangers.
Par ailleurs, plusieurs de nos petits et grands clubs ont changé d’entraîneur durant l’été. Le Club de Bruges, Anderlecht et Genk misent en effet sur un nouveau mentor et partant, inévitablement, sur de nouvelles philosophies de jeu et de nouveaux joueurs.

Enfin, la Jupiler Pro League salue le retour d’authentiques stars comme Vincent Kompany, (Anderlecht), Kevin Mirallas (Everton), Nacer Chadli (AS Monaco), Steven Defour (Burnley) et Simon Mignolet (Club de Bruges).
 
Les nouveaux élèves de la JPL à suivre particulièrement cette saison :
 
Michel Vlap (Anderlecht), Jordi Mboula (Cercle), David Okereke et Percy Tau (Club Brugge), Ianis Hagi et Patrik Hrosovsky (Genk), Milad Mohammadi et Mikael Lustig  (AA Gent), Ante Palaversa (KV Ostende) Jonah Osabutey (Mouscron), Facundo Colidio (STVV), Nicolas Gavory et Denis Dragus (Standard)
  
Les désormais anciens élèves de la JPL qu’on regrettera :

Victor Osimhen  et Javier Martos (ex-Charleroi), Luis Garcia (ex-AS Eupen), Wesley Moraes et Stefano Denswil (ex-Club Brugge), Benjamin Lambot (ex-Cercle Brugge) Leandro Trossard et Ruslan Malinoskiy (ex-Genk), Takehiro Tomiyasu (ex-STVV), Razvan Marin, Moussa Djenepo et Guillermo Ochoa (ex-Standard), Thomas Buffel et Hamdi Harbaoui (ex-Zulte-Waregem).
 
Les nouveaux « profs » :

Plusieurs clubs ont remanié leur staff technique. Le Club de Bruges a remplacé Ivan Leko par Philippe Clement. Le Racing de Genk a pallié le départ de Clement en signant Felice Mazzu. Le Sporting de Charleroi a recruté Karim Belhocine. L’Excel Mouscron a trouvé en Bernd Hollerbach un successeur à Bernd Storck. Le KV Oostende aspire désormais à plus de stabilité sur son banc en misant sur Kåre Ingebrigtsen. L’AS Eupen a tourné la page Claude Makelele au profit de Beñat San José. Le Cercle continue de miser sur des entraîneurs français de sorte que Fabien Mercadal a succédé à Laurent Guyot. Arnaud Mercier a relayé Adnan Custovic à Waasland-Beveren. Et last but not least, Vincent Kompany a mis fin à l’interim de Karim Belhocine au Parc Astrid pour coacher le Sporting d’Anderlecht. Bref, plus de la moitié des clubs de JPL ont changé de coach cet été !

Les nouveaux « surveillants » : 

Il y a peu de nouveaux venus au niveau de l’arbitrage dans l’élite de notre football. A côté des valeurs sûres (Lawrence Visser, Alexandre Boucaut, Erik Lambrechts, Nicolas Laforge, Jonathan Lardot) et des valeurs qui ont confirmé la saison dernière  d’avoir l’étoffe de l’élite (Nathan Verboomen, Bram Van Driessche, Jan Boterberg, Wesley Allen, Kevin Van Damme, Bert Put, Lothar D’hondt), on mentionnera le nom de deux nouveaux sifflets pour la JPL : Jasper Vergoote (27 ans) et Wesli De Cremer (27 ans), même si ce dernier avait déjà arbitré en fin de saison dernière un match des PO2. 


Un mercato qualitatif ?

Un mercato qualitatif ?

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Il y a eu énormément d’arrivées de nouveaux joueurs. On constate que la plupart des clubs n’ont pas attendu la période des soldes (la fin du mercato, entre le 28 et le 31 août) pour passer à l’action.  Parfois en frappant fort à renfort de gros chèques (cf. Anderlecht, le Club de Bruges et le Racing Genk). Parfois en frappant plus pointu (Standard) ou plus discrètement (la majorité des clubs de la JPL) avec une bourse plus légère.

Quels sont les bons élèves et les élèves «busés » du mercato

Quels sont les bons élèves et les élèves «busés » du mercato

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Quitte à être démentie dans quelques mois par la réalité du championnat, voici une première appréciation qui n’est posée que sur une base subjective et au travers du fragile prisme des cinq premières journées de championnat.
 

  1. Grande distinction
 
Le Club de Bruges a été incontestablement l’un des grands animateurs du mercato estival. S’il a vendu quelques-uns de ses principaux piliers des saisons écoulées (Denswil, Wesley, Nakamba, Poulain, Danjuma), les 61 millions d’euros d’argent frais qui ont été déposés sur le compte en banque des vice-champions de Belgique leur ont permis de frapper très fort au niveau du mercato entrant. En signant à prix d’or Simon Mignolet (7 millions  + un gros salaire : 4 millions par an), le Club semble avoir enfin résolu son  problème récurrent au poste de gardien de but. De plus avec les arrivées de Simon Deli en défense et de Percy Tau et David Okereke en attaque et avec la prolongation de contrat de Hans Vanaken, les Blauw en Zwart ont déjà démontré tout leur nouveau potentiel et ce sur les terrains de la JPL comme sur ceux de la Champions League.  La journée de clôture du mercato a permis d’enregistrer deux nouvelles arrivées : Mbaye Diagne, un international sénégalais, prêté comme par Galatasaray et Eder Balanta, un milieu de terrain colombien en provenance du FC Bâle. Avec Philippe Clement comme professeur, la classe des Gazelles a tout pour ramener un bulletin brillant en fin de saison.
 
Le Standard est revenu à une recette qui a fait ses preuves dans le passé. A savoir le recrutement des premiers de classe de l’année précédente. Les Rouches ont principalement fait leur shopping du côté de Mouscron (Vojvoda, Dussenne, Amallah, sans oublier Mbaye Leye pour le poste de T2) et ont transféré à titre définitif Obbi Oulare et Zinho Vanheusden, tout en rapatriant Anthony Limbombe en JPL. Comme Michel Preud’homme poursuit la construction d’un noyau homogène et équilibré, il a opté pour une relative stabilité qui pourrait être payante.
 
L’Antwerp a réussi à conserver sa star absolue : Dieumerci Mkokani alors que l’attaquant congolais était annoncé sur le départ. De plus, le Great Old a transféré juste, pointu et très ciblé (Alexis De Sart, Sander Coopman, Ritchie De Laet, etc.), autant de joueurs susceptibles de compenser avantageusement les départs de Jelle Van Damme et d’Omar Govea et de William Owusu. Et cerise sur le gâteau, le matricule numéro 1 s’est offert Kevin Mirallas (Everton) et Steven Defour (Burnley). L'Antwerp a également confirmé dans les dernières heures du mercato les arrivées de Wesley Hoedt (Southampton) Manuel Benson (transfert) et Zinho Gano (prêt) en provenance de Genk.
 
Le KV Mechelen a été longtemps entre deux chaises dans l’attente du verdict de la Cour Belge d’Arbitrage pour le Sport. Et donc ne sachant pas dans quelle division il évoluerait, il a limité son recrutement au minimum (à savoir essentiellement à deux prêts de joueurs ; Jordi Vanlerberghe et Dante Vanzeir). Ainsi , le Malinwa qui ces dernières années avait multiplié les transferts (pas toujours avec bonheur) a fait sien l’adage du Never Change a Winning Team. Et pour l’instant, ça marche et rien n’indique que le Kavé ne tiendra pas sur la longueur et ne puisse viser une place dans la colonne de gauche.
 
Le KRC Genk prend régulièrement des risques. Il y a un an et demi, il avait confié son équipe à Philippe Clement qui n’avait que six mois d’expérience en tant que T1. Aujourd’hui, le Racing ose donner une chance au plus haut niveau à Felice Mazzu et ce l’année où les Limbourgeois retrouvent la Champions League. Si les champions de Belgique ont dû laisser partir Trossard, Malinovskiy, Aidoo et Samatta, ils n’ont pas lésiné sur les dépenses pour tenter de compenser ces départs. Ils ont réussi à conserver Sander Berge et Bongonda. Hagi, Onuachu, Hrosovsky et Nygren sont bien sûr des renforts de choix. Genk ne reconduira peut-être pas son titre, mais il parait armé pour réaliser à nouveau une belle saison.
 
Le KV Oostende donne enfin l’impression d’avoir tourné la page Marc Coucke. Les Côtiers ont recruté un nouveau coach (Kare Ingebrigtson) qui a une philosophie de jeu claire et efficace. Mais le KVO a également effectué plusieurs belles pioches : Ari Skulason, Neto, Vargas, Palaversa et Sylla. Son bon début de saison en témoigne.
 
  1. Satisfaction
 
Dans cette catégorie, nous rangerons les clubs qui paraissent avoir réussi à simplement compenser les départs.
 
Le KAA Gent est assurément l’un des clubs qui depuis une décennie a l’habitude de multiplier les transferts entrants et sortants avec plus ou moins de réussite comme en 2010 et en 2015, mais aussi avec quelques échecs retentissants. Cet été, les Buffalos ont à nouveau connu beaucoup de mouvements dans les deux sens avec d’un côté, les départs de Neto, Esiti, Verstraete, Thoelen et Souquet (ce qui n’est pas rien), et de l’autre côté, les arrivées de Kums et de Depoitre, associées à celles de Ngadeu, Lustig, Castro Montes et Mohammadi. A Jess Thorup de trouver enfin le bon équilibre. L’arrivée en fin de mercato de Dylan Mbayo, 17 ans, grand espoir de Lokeren lui offre une opion supplémentaire.
 
L’Excelsior Mouscron a connu de nombreux départs cet été (et non des moindres). Amallah, Vojvoda, Dussenne et Leye sont partis au Standard. Galitsios et Pierrot ont également été chercher de nouveaux horizons. Mais le club du Canonnier qui a confié son équipe à un nouveau coach semble avoir réussi à faire signer quelques intéressantes comme l’atteste son début de championnat plus qu’honnête. Allagui, Pietrzak, Campins, Hocko ou encore Osabutey ont en tout cas déjà montré de belles choses et leur apport devrait permettre aux Hurlus de vivre une saison sans problèmes. Le jeune gardien Lillo Guarneri, 17 ans, en provenance de l’AC Milan s’est également engagé avec les Hurlus en fin de mercato.
 
Le KV Kortrijk aurait pu prétendre à une grande distinction, si le club flandrien ne s’était hasardé à transférer Faïz Selemani. Car le pari, controversé, est risqué au point que l’ancienne vedette de l’Union St-Gilloise pourrait connaître une saison blanche pour cause de soucis administratifs dûs aux procédures judiciaires en cours. Mais le mercato courtraisien ne se résume pas qu’à l’affaire Selemani. Ainsi, le club du stade des Eperons d’Or a salué les retours de Pelé Mboyo et de Hervé Kagé, ainsi que les arrivées d’Ocansey (Eupen), mais aussi de Silva Melo (Francfort) et Jakubech (LOSC) qu’on doit encore découvrir. Rayon départs, on notera tout de même les noms de Ouali, Kumordzi et surtout Chevalier.
 
Le Sporting de Charleroi a signé un mercato entrant tardif, comme à son habitude. Osimhen, Bedia et Javier Martos sont partis tout comme Felice Mazzu. Et les arrivées, peu nombreuses, doivent encore prouver leur apport qualitatif dans un groupe désormais coaché par Karim Belhocine. Mais on peut néanmoins faire une certaine confiance au savoir-faire et au flair des frères Bayat pour le recrutement des Zèbres.
 
Zulte-Waregem peine ces dernières saisons à jouer encore les premiers rôles en Jupiler Pro League. Il y a certes le métier et l’intelligence de Francky Dury qui sont toujours une belle assurance contre les mercatos foireux, mais les constants départs et arrivées qui ont marqué les derniers mercatos de l’Essevee nuisent à une certaine stabilité toujours nécessaire dans le football. Cet été, il y a eu à nouveau beaucoup de mouvements. Harbaoui, Bongonda et Sylla, entre autres, sont partis et Seck, Deschacht, Govea, Zarandina et Gianni Bruno sont arrivés. A voir ce que cela donnera.
 
  1. « Buse »
 
St-Trond et ses propriétaires japonais mènent une politique sportive dont la lisibilité n’est pas toujours évidente. Les supporters trudonnaires ont du mal à s’y retrouver et ont déjà exprimé en plusieurs occasions leur mécontentement. Tomiyasu et surtout Kamada sont partis, tout comme De Sart, Ceballos et Endo. Les nombreuses arrivées (à nouveau venues souvent d’Asie) ne semblent pas offrir de garantie d’une saison tranquille pour les Canaris.
 
Le RSC Anderlecht change résolument de cap après deux saisons qui ne resteront pas gravées dans la mémoire collective des supporters mauves. Le club le plus titré du pays a décidé de s’inspirer du modèle ajacide et de miser sur les jeunes issus de son centre de formation. Pour mener à bien cette révolution au Parc Astrid, la direction de la Maison Mauve a confié les rênes du projet sportif à Vincent Kompany qui a quitté Manchester City pour ce défi fait à sa mesure. Vince The Prince est affublé d’une double casquette et épaulé sur le terrain par des pointures comme Nasri et Chadli, voire Roofe. Sur papier, l’idée paraissait formidable (et peut-être l’est-elle), mais la réalité des chiffres et des faits est décevante.  Non seulement Kompany reste fragile musculairement, mais en plus, sa double casquette et son inexpérience en tant qu’entraîneur font peser une hypothèque sur le projet.  Le Sporting a laissé partir Bornauw, Santini, Obradovic, Kara, Kums, Appiah et Lawrence, pour faire place à des jeunes. Mais la classe biberon formée à Neerpede a-t-elle les épaules suffisamment fortes pour supporter une pression qui risquent de devenir rapidement difficile à gérer ?
 
L’AS Eupen a tourné la page Makelele et a vendu pas mal de joueurs (Van Crombrugge, Ocansey, Castro Montes) qui avaient contribué à la fiabilité du bloc eupenois. De plus, Luis Garcia a raccroché ses crampons. Une floppée de nouveaux joueurs sont arrivés. Les arrivées des internationaux iranien Omid Ebrahimi et vénézuélien, Adalberto Peñaranda sont les derniers mouvements de ce mercato au Kehrweg. Mais pour l’instant, les Pandas sont peu convaincants, même s’ils ont ramené récemment un point de leur déplacement au Club de Bruges.
 
Waasland-Beveren est habitué à jouer le maintien. Il le fera sans doute cette saison encore. Car les Waaslandiens ont laissé partir Roef, Boljevic, Ampomah, Vanzo et Verstraete. Les nouvelles recrues n’ont pas encore démontré qu’elles représentaient une injection qualitative appréciable. Adnan Custovic en a déjà fait les frais.
 
En satellite de l’AS Monaco, le Cercle de Bruges mise principalement sur les jeunes venus de l’ASM. Ils ont du talent (on l’a vu la saison passée avec les Nardi, Cardona, Tormin, etc.) mais, à l’instar des jeunes du RSC Anderlecht, ils manquent parfois de planches pour rivaliser avec des adversaires plus aguerris. Une nouvelle fournée d’Espoirs monégasques a débarqué au Jan Breydel, mais pour l’heure, sur ce qu’ils ont montré, il est loin d’être sûr que le Cercle ne devra pas jouer le maintien jusqu’en fin de saison. De plus, les expérimentés Mercier, Lambot et Bruno ont reçu leur bon de sortie.

Nouveau règlement pour la rentrée

Nouveau règlement pour la rentrée

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La Pro League a essentiellement modifié le format des Play-offs 2 cette saison. En effet, à l’issue des compétitions régulières de la Jupiler Pro League et de la Proximus League, la compétition se poursuivra avec des Play-Offs 1, des Play-Offs 2 et des Play-Offs 3. Les Play-Offs 1 resteront inchangés par rapport aux saisons précédentes. Les Play-Offs 2 seront composés de 4 groupes de 4 équipes (7-16 de Jupiler Pro League et 1-6 de Proximus League). Les quatre vainqueurs de ces poules s’affronteront ensuite en demi-finales et finales (aller/retour), où le vainqueur final jouera face au 4e des Play-Offs 1 afin de décrocher un ticket européen.

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