One day, one goal: Michael Owen enrhume la défense argentine

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Michael Owen entame sa carrière de footballeur en boulet de canon. Après ses débuts le 6 mai 1997 sous le maillot de Liverpool, il atteint immédiatement les sommets de la Premier League l'année suivante en inscrivant pas moins de 18 buts. Le sélectionneur national Glenn Hoddle ne peut donc pas ignorer le jeune Anglais dans sa sélection finale pour la Coupe du monde 1998 en France, où les Three Lions veulent faire oublier leur non-qualification quatre ans plus tôt ainsi que la déception de Mexico 86 (la Main de Dieu) et d'Italie 1990 (élimination aux tirs au but en demi-finale contre l'Allemagne de l'Ouest).

Après une courte montée au jeu lors du premier match contre la Tunisie, Owen trouve le chemin des filets lors du deuxième match de groupe contre la Roumanie, ne pouvant toutefois éviter la défaite à son pays (2-1). Glenn Hoddle décide alors de rompre son duo d'attaquants expérimentés Teddy Sheringham - Alan Shearer pour donner au phénomène de 18 ans une place dans le onze de base lors du match décisif contre la Colombie. En huitième finale, c'est l'Argentine de Gabriel Batistuta, Javier Zanetti et Diego Simeone qui attend l'Angleterre. L'heure de la revanche a sonné pour Owen et ses coéquipiers.

La fusée Owen

La fusée Owen

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Le 30 juin 1998, les deux grandes nations s'affrontent au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, pour ce qui sera le match le plus spectaculaire de la Coupe du monde en France. Après seulement 10 minutes et deux penaltys convertis, dont un provoqué par Owen, le score est déjà de 1-1. À la 16e minute, David Beckham entre en possession de la balle au centre du terrain. Il voit alors Owen devant lui et lui glisse le cuir. D'un superbe contrôle de l'extérieur du pied, Owen efface José Chamot et se lance à toute vitesse vers le but adverse. Il mystifie ensuite Roberto Ayala, dernier défenseur à se dresser sur sa route, se déporte légèrement sur la droite et arme un tir qui va se loger dans la lucarne opposée du but argentin. Un but magistral du Wonder Boy qui donne l'avatange à l'Angleterre (1-2).

Mais juste avant et juste après le repos, l'Angleterre doit faire face à deux coups durs. Zanetti marque d'abord l'égalisation sur coup franc, puis Becks reçoit un stupide carton rouge pour un coup de pied sur Diego Simeone. Les Three Lions résistent héroïquement jusqu'à la séance des tirs au buts, dont l'Albiceleste sortira victorieuse. Une nouvelle déception pour les Britanniques. Il faudra des années avant que les fans anglais ne pardonnent son geste à Beckham.

Le déclin

Le déclin

© EPA

Le but d'Owen lui vaut d'être reconnu dans le monde entier comme l'un des plus grands talents du football mondial. "C'était surréaliste de pouvoir participer à une Coupe du monde à 18 ans", racontera plus tard Owen. "Je n'aurais jamais pensé pouvoir vivre une telle expérience si tôt dans ma carrière. Jouer à la Coupe du monde et marquer contre l'Argentine a changé ma vie à jamais". L'attaquant dispute encore 6 saisons chez les Reds, au cours desquelles ses innombrables buts offrent au club une Coupe de l'UEFA, une FA Cup et deux Coupes de la Ligue. En 2001, l'attaquant est également choisi désigné Ballon d'Or.

Mais après avoir forcé son transfert au Real Madrid en 2004, les choses se compliquent. De plus en plus de blessures le freinent, ce qui fait qu'il ne retrouvera jamais son lustre d'antan avec les Merengue et, plus tard, à Newcastle et Manchester United. Trop précoce, diront certains. Mais une chose est sûre: personne ne lui enlèvera jamais son fantastique but contre l'Argentine.

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