Diego Maradona : mi-ange, mi-démon

Diego Maradona est-il, comme il le prétend, le meilleur footballeur de tous les temps ? S'il est impossible de répondre définitivement à cette question, une chose est sûre : il fait indéniablement partie du peloton de tête aux côtés, notamment, de Pelé, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. En dehors des terrains, sa vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. Entre éclairs de génie et frasques en tout genre, il a la particularité de ne laisser personne indifférent. Il a inspiré plusieurs cinéastes, dont le réalisateur britannique Asif Kapadia. Ce dernier lui a consacré un documentaire intitulé tout simplement « Diego Maradona », à découvrir dans les salles de cinéma à partir du 31 juillet.
Diego Maradona : mi-ange, mi-démon

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La jeunesse

La jeunesse

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Diego Armando Maradona est né le 30 octobre 1960 à Lanús, dans la banlieue de Buenos Aires. Aux côtés de ses trois sœurs et de ses deux frères, il a grandi dans le bidonville de Villa Fiorito. À 11 ans, il est remarqué par un recruteur, Francis Cornejo, qui l'intègre aux « Cebollitas » (les petits oignons), l'équipe junior du club d'Argentinos Juniors. Cette première sélection marque le début d'un véritable raz-de-marée.

Les débuts professionnels

Les débuts professionnels

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Diego Maradona fit ses débuts professionnels dans l'équipe première d'Argentinos Juniors le 20 octobre 1976, à l'âge de 16 ans moins 10 jours. Il devint rapidement le leader de l'équipe et conduisit le petit club de banlieue vers les sommets, inscrivant la bagatelle de 115 buts en 167 rencontres, avant d'être transféré à Boca Juniors en 1981.

Le joueur le plus cher du monde (à l'époque)

Le joueur le plus cher du monde (à l'époque)

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Surnommé « El Pibe de Oro » (« Le Gamin en Or »), Maradona passa un peu plus d'un an sous le maillot de Boca Juniors. Le temps d'inscrire 28 buts en 40 rencontres. Repéré par le FC Barcelone, il endossa le maillot blaugrana en 1982. Montant de la transaction : l'équivalent de 8 millions d'euros. Une somme qui paraît dérisoire aujourd'hui mais un montant record pour l'époque, qui faisait de Maradona le joueur le plus cher de l'histoire du ballon rond.

Standing ovation à Santiago Bernabéu

Standing ovation à Santiago Bernabéu

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Cette question pourrait faire partie d'un quiz : quel est le seul point commun entre Maradona, Ronaldinho et Andrés Iniesta ? Tous trois, Maradona en tête, reçurent une standing ovation de la part des socios du Real Madrid. Le 26 juin 1983 a lieu la finale de la Copa de la Liga entre le Real et le Barça. À la 57e minute, parti pratiquement du rond central, Maradona se présente seul face à Agustin, le gardien blaugrana, le contourne, évite d'un crochet magistral le retour du défenseur Juan José, et propulse le ballon dans le but vide. Médusé par tant de virtuosité, le public madrilène se lève comme un seul homme pour applaudir l'exploit du n° 10 argentin.

Diego le bagarreur

Diego le bagarreur

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L'Argentin n'a pas laissé que des bons souvenirs lors de son passage dans la capitale catalane. Blessures, coups de sang et frasques nocturnes ternirent quelque peu la fête. Le pétage de plombs le plus marquant de Maradona eut lieu le 5 mai 1984 lors de la finale de la Coupe du Roi entre le Barça et l'Athletic Bilbao. Tout avait commencé en septembre 1983, lorsque « Pelusa » fut victime d'un tacle assassin d'Andoni Goikoetxea, le défenseur central de l'Athletic. Une blessure qui lui valut trois mois d'indisponibilité. Alors que l'arbitre venait de siffler la fin de la finale précitée, Maradona asséna gratuitement un violent coup de pied à un joueur de Bilbao. S'ensuivit un affrontement qui dégénéra en bagarre généralisée. L'Argentin fut condamné à trois mois de suspension, ce qui précipita son départ vers Naples.

Considéré comme un dieu à Naples

Considéré comme un dieu à Naples

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En 1984, Maradona fut transféré de Barcelone à Naples pour la somme de 13 millions d'euros, un nouveau record pour l'époque. Entre 1984 et 1991, « El Pibe de Oro » écrivit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire du Napoli. Durant cette période, il participa activement à la conquête de deux « Scudetti », d'une Coupe d'Italie, d'une Supercoupe, ainsi que d'une Coupe de l'UEFA. En 258 participations, il fit trembler les filets adverses à 115 reprises. Vénéré, adulé, sanctifié, voire divinisé : aucun mot n'est trop fort pour décrire le sentiment qu'il inspire, aujourd'hui encore, aux Napolitains.

Champion du monde grâce à... la main de Dieu

Champion du monde grâce à... la main de Dieu

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La gloire de Maradona connut son apogée en 1986, lors de la Coupe du monde au Mexique, remportée par l'Albiceleste face à la Mannschaft sur le score de 3 buts à 2. Personne n'a oublié ce but inscrit contre l'Angleterre en quart de finale et entaché d'une faute de main non sanctionnée par l'arbitre. Déclaration de l'intéressé : « Ce but, je l'ai marqué un peu avec la tête et un peu avec la... main de Dieu ! ». Comme pour se faire pardonner, Maradona inscrivit, quelques minutes plus tard, ce qui fut qualifié de « but du siècle » : une chevauchée fantastique de plus de cinquante mètres au sein de la défense anglaise, éliminant au passage cinq adversaires impuissants à le contrer, dont le gardien anglais Peter Shilton.

Maradona et le dopage

Maradona et le dopage

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Le 29 mars 1991, la carrière de Diego Maradona subit un coup d'arrêt brutal. Contrôlé positif à la cocaïne, il écope de 15 mois de suspension. Il quitte alors Naples et signe au FC Séville. Après la saison sévillane, il revient en Argentine et endosse le maillot des Newell's Old Boys, puis celui de Boca Juniors. Revenu en grâce pour la Coupe du monde 1994 organisée aux États-Unis, il est invité à raccrocher ses crampons après deux matchs, contrôlé positif à l'éphédrine.

Une carrière d'entraîneur chaotique

Une carrière d'entraîneur chaotique

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Le 28 octobre 2008, Maradona est nommé sélectionneur de l'équipe nationale d'Argentine, un poste dont il sera écarté en juillet 2010. Dix mois plus tard, en mai 2011, il signe pour deux saisons un contrat d'entraîneur au club d'Al Wasl Dubaï. Faute de résultats, il est limogé en juillet 2012. En 2017, il est nommé entraîneur du Fujaïrah Sports Club, modeste club des Émirats arabes unis, fonction dont il démissionne en avril 2018. Le mois suivant, il devient le président du Dinamo Brest, en Biélorussie, où il fait une Joyeuse Entrée tonitruante, juché sur un véhicule blindé. Après son aventure biélorusse, il rebondit au Mexique et accepte le poste de directeur technique des Dorados de Sinaloa, un club de division 2 mexicaine.

Problèmes de santé

Problèmes de santé

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Génial balle au pied, il l'était beaucoup moins en dehors des terrains. Sa dépendance à la drogue et sa consommation excessive d'alcool lui valurent de nombreux problèmes de santé, au point qu'en 2004, il faillit être emporté par un malaise cardiaque. Le 28 mars 2007, il fut hospitalisé d'urgence à Buenos Aires à la suite d'un nouveau malaise dû à l'abus d'alcool et de nourriture, mais se rétablit rapidement. Nouvelle inquiétude lors du Mondial 2018 en Russie, où Maradona fut victime d'un malaise vagal à la mi-temps de la rencontre opposant l'Argentine au Nigeria. En juin dernier, on apprenait qu'il quittait, pour raison de santé, son poste d'entraîneur des Dorados.

Le film

Le film

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La vie de Diego Maradona est un véritable roman. Une vie aussi extraordinaire ne pouvait que susciter l'intérêt des réalisateurs. Dernier en date, le Britannique Asif Kapadia, oscarisé pour son documentaire consacré à Amy Winehouse. Intitulé sobrement « Diego Maradona », le film retrace le portrait du joueur, sans filtre, ni parti pris. À partir de 500 heures d'images inédites, issues pour partie des archives personnelles du footballeur, le cinéaste dévoile les hauts et les bas d'une carrière hors du commun.



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