Les derbies les plus chauds d’Europe

Qu’y a-t-il de plus captivant qu’un match qui oppose deux équipes d’une même ville, qu’un derby qui couronne “l’équipe de la ville”? Partout en Europe, les derby’s riment avec spectacle sur le terrain, mais aussi en tribunes et à l’extérieur du stade. Nous vous proposons un tour d’Europe de quelques-uns des derby’s les plus chauds de la planète foot.

Les derby’s les plus chauds d’Europe

Les derby’s les plus chauds d’Europe

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Antwerp – Beerschot (Belgique)

Antwerp – Beerschot (Belgique)

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En Belgique, on pense immédiatement au derby entre le Club de Bruges (club des libéraux et des libres-penseurs fondé en 1891) et le Cercle de Bruges (association sportive de catholiques fondée en 1899). Dans le passé, on se souviendra aussi les duels entre le KV et le Racing de Malines, ainsi que ceux qui opposaient le RWDM à Anderlecht. Mais le derby le plus chaud entre deux équipes d’une même ville est néanmoins celui qui oppose l’Antwerp au Beerschot. La première édition de ce derby entre le Great Old et les “Kielse Ratten” remonte à 1900. L’année passée, les deux équipes se sont retrouvées dans les Playoffs2 pour un premier derby à enjeu depuis 2004. Ces duels sont toujours spectaculaires sur le terrain et n’ont rien d’une sinécure pour la police qui doit régulièrement séparer les noyaux durs des deux camps.
 
L’un des derby’s anversois les plus mémorables fut celui de la victoire du Beerschot (5-1) en 1988. Il avait même fait l’objet d’un direct télé de la BRT, à une époque où les retransmissions en direct étaient bien moins fréquentes qu’aujourd’hui.



Le 7e épisode de notre série TANDEM fait le portrait de Mike et Tim Vanhamel. Mike est le gardien de but du Beerschot-Wilrijk, son demi-frère Tim… étant lui fan de l’Antwerp.

Regardez l'émission Tandem chaque jeudi à 20h30 sur le canal 11(1) de Proximus TV, disponible pour les abonnés Belgian Sports et All Sports. Le programme sera rediffusé à de nombreuses reprises plus tard dans la semaine. Les deux premiers épisodes sont également disponibles online via le website proximus-sports.be et YouTube. Découvrez ici l'offre sport de Proximus TV !

Celtic – Rangers (The Old Firm)

Celtic – Rangers (The Old Firm)

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Y a-t-il un derby plus célèbre que The Old Firm, le match de l’année entre les Glasgow Rangers (protestants) et le Celtic Glasgow (catholique) ? Le premier match entre ces deux équipes écossaises a eu lieu en mai 1888. Le 29 décembre 2018, les deux éternels rivaux en étaient déjà à leur 415ème duel ! Les Rangers ont signé le plus de victoires (160). Le Celtic s’imposant à 156 reprises. 99 matches se sont soldés par un partage. Il s’agit d’un des derby’s les plus intensément vécus au monde, avec régulièrement des bagarres sur le terrain, en tribunes et en dehors du stade.
 
Dans la video ci-dessous, on peut voir que The Old Firm est souvent chaud bouillant. Elle propose en effet une compilation de fautes, de cartons rouges et de bagarres qui ne font pas dans la nuance.

Liverpool – Everton

Liverpool – Everton

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Le derby du Merseyside est parfois également appelé le ‘Friendly derby’. Et ce pour diverses raisons. Si sur la pelouse il n’est pas toujours question de match amical (loin s’en faut même), on trouve dans beaucoup de familles autant de supporters d’Everton que de Liverpool. Ce duel entre voisins l’est d’ailleurs au sens littéral du terme, puisque Anfield Road n’est distant de Goodison Park que de 400 mètres. Everton a d’ailleurs été le premier club qui a joué à Anfield, mais les Toffees ont déménagé ensuite à Goodison Park quand l’ancien propriétaire d’Anfield a augmenté fortement le loyer. Après le départ de son locataire, le stade restant vide, le propriétaire a formé ensuite le Liverpool FC. Depuis 1894, il y a eu 232 derby’s à Liverpool. Les Reds sont sortis vainqueurs à 93 reprises, les Blues à 73 reprises.
 
En dehors de Liverpool, les derbys sont monnaie courante en Premier League: à Londres, on en joue un quasiment toutes les deux semaines entre Arsenal, Tottenham, Chelsea, Fulham, Crystal Palace et West Ham. En D2 anglaise Millwall, Brentford et Queens Park Rangers sont également des clubs basés à Londres.
 
Dans cette vidéo, on découvre un bel envahissement de terrain après un derby disputé en 2006 entre Chelsea et Fulham, des voisins rivaux dont les stades (Stamford Bridge et Craven Cottage) ne sont distants que de 2,5 kilomètres.

AS Roma – Lazio

AS Roma – Lazio

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L’Italie compte plusieurs villes où des clubs à succès s’affrontent. Milan a ainsi le ‘derby della Madonnina’ qui oppose l’Internazionale au Milan AC. Ce derby tire son nom à la statue de la Madone qui se trouve au sommet de la plus haute tour de la cathédrale de Milan. Gênes est le décor du ‘derby della Lanterna’ où la Genoa en découd avec la Sampdoria. ‘La Laterna’ est le nom du phare du port de Gênes, le plus ancien phare du monde encore en activité. Turin a le ‘derby della Mole’ durant lequel la Juventus et le Torino se mesurent : ce derby tient son nom également d’un bâtiment, le Mole Antonelliana qui a l’origine était une synagogue avant de devenir un musée.
 
Mais le derby le plus acharné en Italie reste le ‘derby della capitale’ qui met en présence l’AS Roma et la Lazio Roma. Les deux équipes partagent le Stadio Olimpico, mais les deux clans de supporters se vouent une haine réciproque. Une haine nourrie aussi de politique. L’AS Roma passe pour être de gauche, tandis que la Lazio est identifiée à la droite. Benito Mussolini, l’ancien dictateur fasciste de l’Italie, avait été membre de la Lazio. Paolo Di Canio a conforté cette image d’extrême droite lors du derby de janvier 2005. Après avoir marqué un but pour la Lazio, l’attaquant est allé provoquer les supporters des Giallorossi en leur faisant le salut fasciste. 

Partizan – Etoile Rouge de Belgrade

Partizan – Etoile Rouge de Belgrade

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Le ‘Derby Eternel’, c’est le nom donné au duel entre les deux grands clubs de Belgrade, le Partizan et l’Etoile Rouge. Cette rivalité est née dès la création de ces deux clubs en 1945. Le Partizan était le club de l’armée et l’Etoile Rouge, le club du Ministère de l’Intérieur. Les deux clubs ont également des noyaux durs de supporters qui apportent plus que de la passion aux duels entre les deux équipes. D’un côté, les Delije de l’Etoile Rouge, de l’autre les Grobari du Partizan. Pour les visiteurs du ‘Marakana’, l’antre de l’Etoile Rouge Belgrade tient du ‘Helgrade‘. Car il s’agit d’un des stades les plus intimidants qui soient où les visiteurs doivent passer par un tunnel aux murs bariolés de graffiti, entre deux haies de policiers armés jusqu’aux dents, avec des pétards qui ne cessent d’exploser et des supporters qui donnent de la voix pour créer une ambiance d’enfer.

Galatasaray – Fenerbahce

Galatasaray – Fenerbahce

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Istanbul compte quelques grands clubs avec le Galatasaray, le Fenerbahce et le Besiktas qui dominent la Super Lig turque. Peu de peuples vivent leur passion du football aussi intensément que les Turcs et aucune rivalité en Turquie n’est aussi grande que celle qui oppose les supporters du Gala et du Fener. La situation géographique des deux clubs renforce cette rivalité. Le Fenerbahce est situé à l’Est du Bosphore, ce qui en fait un club d’Asie. Tandis que le Galatasaray est implanté sur l’autre rive, du côté occidental européen. Le Fenerbahce est le club du peuple, le Galatasara celui d’une élite plus riche.

Wisla Krakow– Cracovia Krakow

Wisla Krakow– Cracovia Krakow

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Les deux grands clubs de Cracovie, le Wisla et le Cracovia, ont été fondés en 1906. Leurs duels ont rapidement été baptisés de “Guerre Sainte”. Ce terme a été utilisé pour la première fois pour désigner la rivalité entre les clubs juifs de Cracovie, le Maccabi et le Jutrzenka. Lorsqu’un défenseur du Jutrzenka a rejoint ensuite le Cracovia, il a utilisé tout de suite le terme de « Guerre Sainte » pour désigner le derby entre le Wisla et le Cracovia.
 
Après plus de cent ans, la rivalité entre ces deux clubs reste encore toujours forte, même si le derby le plus mémorable remonte déjà à longtemps. En 1948, le Cracovia et le Wisla avaient terminé en tête le championnat à égalité de points. Un test-match fut organisé sur un terrain neutre et avait permis ainsi au Cracovia de devenir le premier champion de Pologne de l’après-guerre

Atlético Madrid – Real Madrid

Atlético Madrid – Real Madrid

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La Liga espagnole connait également de nombreux derby’s. A Séville (FC Séville-Betis), à Valence (FC Valence-Levante), à Barcelone (FC Barcelone-Espanyol), sans oublier le Clasico qui a l’intensité d’un derby et qui oppose le Real de Madrid au FC Barcelone. Mais à Madrid, il y a également toute une série de derby’s puisque la capitale espagnole compte de nombreux clubs dans ses murs (Real Madrid, Atlético Madrid, Getafe, Rayo Vallecano et Léganes). Mais aucun derby madrilène n’a l’intensité d’un clash entre le Real et l’Atletico.
 
Le Real de Madrid a de loin le palmarès le plus impressionnant. Ce succès de la Casa Blanca alimente bien sûr la haine que lui vouent les supporters des Rojiblancos. Tout comme le fait que le Real était jadis le club du dictateur Franco. L’Atletico est le club du peuple et aime enfiler le costume d’outsider. Après le déménagement du Vicente Calderon au tout nouveau Wanda Metropolitano, l’Atletico dispose désormais d’un stade qui n’a rien à envier au Santiago Bernabeu. Sous la férule de Diego Simeone, les Colchoneros ont réduit l’écart qui sépare les deux clubs. Il n’en demeure pas moins que les Rojiblancos ont perdu les deux finales de la Champions League (2014 et 2016) face aux Galacticos. 

Qu’un joueur de l’Atletico ne puisse rejoindre le Real, Thibaut Courtois vient d’en faire l’expérience. Le gardien des Diables Rouges était devenu l’un des meilleurs gardiens du monde au Vicente Calderon entre 2011 et 2014 lorsqu’il avait été prêté par Chelsea. Mais les supporters de l’Atletico n’ont pas du tout digéré son transfert de Chelsea au Real. Peu après l’officialisation de son transfert à la Casa Blanca, l’Atletico a dû engager un agent de sécurité pour surveiller la dalle de Courtois au Paseo de las Leyendas, une dalle commémorative dédiée à chaque joueur qui a joué plus de 100 matches sous le maillot des Colchoneros.

Olympiakos – Panathinaikos

Olympiakos – Panathinaikos

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Le derby athénien entre l’Olympiacos et le Panathinaikos fait également partie de la liste des derby’s les plus chauds d’Europe. Le duel entre ces deux rivaux éternels n’est pas pour rien appelé “la mère de tous les derby’s. Comme dans d’autres villes d’Europe, la rivalité entre les deux clubs repose sur un clivage social. Le Panathinaikos, fondé en 1908, est le club des classes supérieures. L’Olympiacos, fondé en 1925, est le club des travailleurs du port du Pirée. Les feux de bengale (rouges du côté de l’Olympiacos, verts du côté du Panathinaikos) donnent l’impression d’un stade en feu. Il n’est pas rare que le stade soit endommagé et que les supporters du camp adverse soient la cible de jets de pierre. Dans le passé, le terrain a été régulièrement envahi par les supporters, obligeant les joueurs à courir pour sauver leur peau. Les incidents ont atteint un tel degré de gravité que les supporters du club visiteur n’ont plus été admis au stade. Mais la rivalité ne s’exprime pas qu’autour du terrain de foot, elle se déplace souvent autour d’un terrain de basket.
 
Dans la video ci-dessous, on peut voir des images incroyables de la passion des supporters de l’Olympiacos et du Panathinaikos affichée autour du terrain de foot et de basket. 
 

Spartak-CSKA, “le principal derby de Moscou »

Spartak-CSKA, “le principal derby de Moscou »

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Appelé aussi « Le principal derby moscovite », les matches entre le Spartak, équipe du peuple non liée à une organisation étatique, et le CSKA, club de l’Armée Rouge, sont depuis 1922 l’un des matches les plus clivants de la capitale russe. Le premier duel entre les deux clubs a eu lieu en 1922 et aujourd’hui, les deux équipes se sont déjà affrontées à 185 reprises en match officiel.

Le Spartak compte à ce jour 80 victoires, le CSKA 68. Si à l’époque de l’Union Soviétique, ce derby restait malgré tout dans l’ombre d’affiches comme CSKA-Dynamo Moscou ou Spartak-Dynamo Kiev, à partir des années 1990, il est devenu dans la capitale russe le match le plus ‘chaud’ de l’année avec régulièrement des affrontements très violents entre les ultras des deux camps. Depuis 1991 et la fin de l’URSS, le Spartak a été dix fois champion de Russie, le CSKA six fois.

Mais l’un des matches les plus mémorables date toutefois de 1981. A l’époque, le Spartak avait atomisé le CSKA (3-0). En guise de sanction, les joueurs du CSKA avaient été envoyés à l’époque durant 15 jours dans un camp militaire de l’Armée Rouge pour y suivre un programme particulièrement musclé et éprouvant de para-commando. Au derby suivant, les « Armeitsy » avaient manifestement retenu la leçon et s’étaient imposés 2-0 face au Spartak.

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