Quand du sang italien coule dans le sport belge

La diaspora italienne a donné à la Belgique, son pays d’adoption, une génération de sportifs qui ont fait une carrière remarquable chez nous, parfois sous le maillot de notre équipe nationale. Ces Italo-Belges et leurs descendants possèdent aujourd’hui dans leur grande majorité la nationalité belge. Et sont souvent d’excellents ambassadeurs du sport noir-jaune-rouge. Nous rendons ici hommage aux plus célèbres d’entre eux, pour leur dire : « Grazie ! »

Chaque jeudi Proximus TV diffuse une toute nouvelle série de reportages qui mettra en lumière le lien unique entre deux personnalités issues du milieu sportif : Tandem ! Le 7 février: Felice Mazzu & Mario Notaro !
Quand du sang italien coule dans le sport belge

© photonews

Felice Mazzu

Felice Mazzu

© photonews

Felice Mazzu avait promis à son père qu’il serait, un jour, coach en D1. Pari tenu! Venu de Calabre pour faire sa vie dans le cœur minier de Charleroi à l’époque des charbonnages, Pasquale, le père de Felice, aujourd’hui vaillant octogénaire, voit finalement son fils prendre en mains la destinée de Charleroi, le club-phare de la région. Ce qui était loin d’être évident lorsque Felice entraînait le CS Braine, Uccle, Tubize et le White Star.
 
"Ce dont je suis le plus fier, c'est que Mazzu est devenu un nom connu à Charleroi. Pas pour moi : pour mon père. Il est parti d'un petit village de 50 personnes en Calabre, détruit par la guerre. Et aujourd'hui, il reçoit du monde dans sa petite maison ouvrière, des gens qui viennent lui demander des autographes ou des t-shirts. Quand il va sur le marché, on lui offre ses légumes. Ce n'est pas le fait que ce soit gratuit, hein. Mais ma fierté, c'est ça : avoir donné un nom à mon père. Aujourd'hui, il est heureux. Et si ça peut lui donner quatre ou cinq ans de vie en plus, pour moi c'est la plus grande fierté. Le reste, ce n'est pas important," confiait-il à l’Avenir lors de son arrivée chez les Zèbres.
 
Ce 7 février à 20h30, ne manquez pas la diffusion Sur Proximus TV du deuxième numéro de notre série ‘Tandem’, qui met en évidence la relation quasi fusionnelle entre Felice Mazzu, l’entraîneur des Zèbres et son T2 Mario Notaro. Deux Italo-belges, ça va de soi…

Enzo Scifo

Enzo Scifo

© photonews

Quand on pense à un joueur belge aux racines italiennes, le nom d’Enzo Scifo vient spontanément à l’esprit. Né et élevé à La Louvière, "Le petit Pelé du Tivoli?" est resté très lié à sa terre d'origine, la Sicile. "Vincenzo c'est le prénom de mon grand-père. C'est celui qui est sur ma carte d'identité, mais on m'a toujours appelé Enzo à part en Italie", précisait-il à So Foot lors de l'Euro 2016, ou Belges et Italiens s'étaient affrontés. "Je suis Belgo-Italien, mais je vais être clair tout de suite. Je suis supporter des Belges".
 
De son explosion, à 17 ans, à Anderlecht, à sa fin de carrière au Sporting de Charleroi, en passant par 4 Coupes du Monde avec la Belgique (dont l'inoubliable épopées '86), l’Inter, Bordeaux, Auxerre, Torino et Monaco, le petit Louviérois est devenu un géant du football belge et international qui n'a jamais oublié ses racines, comme il le dira à La Libre Belgique en 2002: "Si l'Italie est pour moi le plus beau pays du monde, je suis fier d'être Belge et s'il y a quelque chose que je n'ai jamais regretté depuis mes 18 ans, c'est bien ma naturalisation."

Walter Baseggio

Walter Baseggio

© photonews

Si sa famille est originaire des environs de Trévise (Vénétie), c'est à Clabecq que les Baseggio ont un jour posé leurs valises.
"Je suis né de parents italiens. Mon père venait du Nord et ma mère du Sud de l’Italie. (...) Étant de la deuxième génération, je suis devenu Belge à 14 ans. Et j’ai pratiquement tout de suite été appelé en équipe nationale, chez les jeunes. C’est une fierté d’être Belge. La Belgique m’a tout donné. C’est ici que j’ai été éduqué, que j’ai passé le plus d’années. Mais on n’oublie pas ses racines !", confiait-il à SudPresse lors de l'Euro 2016.
 
Sa famille de cœur, elle, est au Parc Astrid, car le milieu de terrain élégant et efficace qu’était Walter Baseggio a marqué les fans du Sporting de son empreinte.
 
En dix années à Anderlecht, entre 1996 et 2005, il a tout gagné: élu footballeur pro en 2001, il a remporté, au total, 4 titres de champion avec les Mauves et a été international belge à 27 reprises. Après un passage à Trévise et un retour manqué dans le club de son cœur, Baseggio signe à Mouscron, où un cancer de la thyroïde marque la fin de sa carrière. Aujourd’hui guéri, il suit de très près le football belge et international en tant que consultant télé.

Silvio Proto

Silvio Proto

© photonews

Né Italien, Silvio obtient la naturalisation belge le 1er janvier 1985. Il évolue actuellement à la Lazio Rome, en provenance de l’Olympiacos, après avoir fait la plus grande partie de sa carrière au RSC Anderlecht.
 
Il est incontestabement un des représentants les plus emblématique de la communauté italienne de notre football. Découvert à La Louvière (comme Scifo), club avec lequel il a gagné la Coupe de Belgique, Silvio a ensuite passé onze années à Anderlecht (entrecoupées par un passage d’une saison réussie au Germinal Beerschot), où il a remporté quatorze trophées. Individuellement, il a également été désigné Gardien de l’Année à trois reprises. Son seul regret reste peut-être celui de ne jamais avoir fait ses preuves en sélection nationale. Mais l’histoire d’amour qu’il a vécue avec Anderlecht et la Belgique aura été magique.

Les frères Brogno - Dante et Toni

Les frères Brogno - Dante et Toni

© photonews

Originaire de Calabre, d’où le grand-père est venu travailler à la mine, la famille de Dante et Toni Brogno a toujours vécu à Marchienne-au-Pont.
 
Difficile de dissocier les deux frères, tant ils ont marqué le championnat belge. Meilleurs buteurs de l’histoire de Charleroi (pour Dante) et de Westerlo (pour Toni), les Brogno auront été des buteurs hors normes. Si Toni est le seul à avoir goûté aux joies de la sélection belge (à sept reprises), Dante aurait sans doute mérité d’être repris pour l’Euro 2000, après sa saison exceptionnelle, mais Robert Waseige en a décidé autrement. Il arrêtera sa carrière en 2001, avec le statut de légende carolo (plus de 100 buts pour les Zèbres). Toni, lui, jouera en division 1 jusqu’en 2006.

François Sterchele

François Sterchele

© photonews

Mort dramatiquement dans un accident de la route, le 8 mai 2008, ce Liégeois d’origine fait lui aussi partie des prodiges belges d'origine italienne de notre football. Passé par Charleroi, il brillait à Bruges au moment de sa disparition tragique.
 
François Sterchele n'a jamais caché son attirance pour l’Italie et sa fierté quant à ses origines. Les supporters adoraient son style flamboyant et sa façon si particulière de célébrer ses buts, en faisant tourner sa main près de son oreille, dans un geste emprunté à Luca Toni, son idole.
 
Au-delà de son efficacité sur le terrain, c’est sa personnalité qui a vite fait de Sterchele une des coqueluches de notre championnat. Belle gueule, belle voiture, belle histoire, tout en restant simple, il faisait l’unanimité par sa faculté d’adaptation à différents univers, et par son attachement autant à des valeurs flamandes que wallones. Une synthèse très appréciée dans notre pays souvent divisé.

Luigi Pieroni

Luigi Pieroni

© photonews

Même si sa carrière s’es terminée en queue-de-poisson, Luigi Pieroni, autre Liégeois d’origine italienne, peut se targuer d’avoir laissé une trace indélébile dans l’histoire de notre compétition.
 
Meilleur buteur dès sa première saison, avec Mouscron, en 2003-3004, il était à l’époque, l’un des plus grands espoirs du football belge. Mais après quatre années en Ligue 1 et 25 sélections avec la Belgique, son retour manqué au pays, à Anderlecht, lui a laissé un goût amer. Ses passages à La Gantoise puis au Standard quelques années plus tard n’ont pas permis à sa carrière de redécoller.

Sébastien Pocognoli

Sébastien Pocognoli

© photonews

Petit-fils d’immigrés italiens, le capitaine du Standard (même s’il est actuellement blessé) citait déjà en exemple ses parents et grands-parents lors de son arrivée à Genk, en 2006.
 
« Mon grand-père paternel, orphelin très jeune, travaillait comme bûcheron dans la forêt de Matellica, dans la région des Marche, lorsqu'un jour, il a découvert une affiche dans son village. Un train partait pour la Belgique et même s’il ne savait pas exactement où se trouvait ce pays, il a vu là l'occasion d'échapper à sa pauvre existence. A Matellica, il n'y avait pas d'avenir. Ici, en Belgique, il a rencontré ma grand-mère, qui avait quitté l'Italie de la même manière
 
Véritable globe-trotter du foot international, ‘Poco’ a usé ses boots à Seraing, au Standard, au Racing Genk, à l’AZ Alkmaar, à Hanovre, à West Bromwich et à Brighton. Gros bosseur sur son flanc, il a de qui tenir. "Mes parents sont tous les deux nés en Belgique. Mon père travaillait chez Cockerill à Seraing, la plus grande usine de la région, jusqu'à ce qu'elle ferme (…). Il n'a jamais eu la vie facile comme moi. Ils sont mon exemple, je gagne de l’argent, mais je ne le gaspille pas: tout ce que je fais est réfléchi, je sais ce que signifie travailler dur », expliquait-il à la même époque.

Lucien Bianchi

Lucien Bianchi

© photonews

Lucien Bianchi, né Luciano Bianchi à Milan, le 10 novembre 1934, est un pilote de course italien naturalisé belge, qui a remporté les prestigieuses 24 Heures du Mans en 1968.
 
Milanais d’origine, Luciano Bianchi a déménagé en Belgique alors qu’il était encore enfant, suivant son père, mécano pour un pilote belge.
Il participera à plusieurs saisons de Formule 1 au volant de sa Cooper, de sa Lola ou de sa Lotus. Il inscrit un total de 6 points et monte sur le podium du Grand Prix de Monaco 1968. Il inscrit également son nom au palmarès des 12 heures de Sebring et du Tour de France Automobile.
Il se tuera dans un grave accident sur le circuit du Mans en 1969 lors des essais, au volant d’une Alfa Romeo T33, qui quitte la route en pleine ligne droite des Hunaudières et heurte un poteau télégraphique avant de prendre feu.
 
Lucien Bianchi est enterré au cimetière Woluwe-Saint-Pierre.
Il est aussi le grand-oncle du pilote automobile français Jules Bianchi (petit-fils de son frère Mauro), qui débute en Formule 1 en 2013 au sein de l'écurie Marussia et meurt en 2015 des suites d'un accident survenu en Grand Prix du Japon, après des mois de coma.

Jérôme d’Ambrosio

Jérôme d’Ambrosio

© photonews

Le pilote bruxellois, aux origines italiennes est jadis passé par la Formule 1. Mais c’est dans la version écologique du sport auto qu’il s’épanouit désormais puisqu’il est en tête du championnat du monde de Formule E, la formule 1 électrique, qui fait un tabac médiatique.
 
Il vient de remporter la manche du championnat du monde à Marrakech et il est très attendu pour la suite du Championnat.
 
Parlant encore parfaitement la langue de ses origines, il reste très Italien dans l’âme : «  Mon grand-père est italien et j'ai vécu en Italie pendant deux ans: c'était une période où je m'amusais beaucoup. L'Italie est magnifique pour de nombreuses raisons: ses paysages naturels, sa cuisine et ses habitants, qui sont très ouverts », explique-t-il.
 

Pino Cerami

Pino Cerami

© photonews

Giuseppe Cerami dit Pino Cerami, est né en 1922 à Misterbianco, près de Catane, en Sicile et mort en 2014, à Gerpinnes, est un Champion cycliste belge d'origine italienne, naturalisé en 1956.
 
Il a quitté son île natale à l’âge de 5 ans pour s’installer dans la région de Charleroi, une région qu’il n’a jamais quittée. Il rejoint le peloton professionnel en 1946 dans les rangs des indépendants. C’est en 1960 qu’il livre sa meilleure saison avec deux succès de prestige à Paris-Roubaix et à la Flèche Wallonne et une médaille de bronze aux Championnats du Monde de Sachsenring (ex-RDA) derrière l’empereur Van Looy et André Darrigade.
 
L’année suivante, il gagne Paris-Bruxelles et la Flèche Brabançonne. En remportant la 9e étape du Tour 1963, entre Bordeaux et Pau, il devient le vainqueur d'étape le plus âgé de l'après-guerre (41 ans et trois mois). Depuis 1964, le GP Pino Cerami est organisé tous les ans dans le Hainaut en sa mémoire. L’homme était très attachant, modeste, trop sans doute. « Je n’ai jamais été riche mais j’ai eu une belle vie, heureuse », disait-il en 2013.

Mais aussi…

Mais aussi…

© photonews

La liste est évidemment longue et nous aurions pu encore citer des dizaines de sportifs et footballeurs Italo-Belges qui ont fait honneur au sport belge.
 
Les fans du Standard se souviendront par exemple, outre leur capitaine Poco, de l’échassier Alain Bettagno, d’Arnor Angeli, des deux Bonomi, de Corentin Fiore, de Raphael Miceli, de Roberto Sciascia ou de Roberto Bisconti. Sans parler de Luciano D’Onofrio et de Bruno Venanzi, tant la Cité Ardente est marquée par l’apport de l’immigration italienne.
 
A Charleroi, on chantera les louanges du facétieux Georget Bertoncello, du gardien Antonio Tosini, des lutins Alessandro Cordaro et Massimo Bruno, de Fabrice Silvagni, de Calogero Taibi, de Giuseppe Varrichio, de Pietro Perdichizzi et de Marco Casto.
 
A La Louvière, outre Proto et Scifo, les noms de Salvatore Curaba, Domenico Olivieri, de Bettagno et de Silvagni, déjà cités chez les Zèbres, sont dans toutes les mémoires.
 
A Genk, c’est Marco Ingrao qui a laissé des traces parmi les supporters dans cette autre région minière.

Top