Le jargon du vélo: la voiture-balai

L'épidémie de coronavirus paralysant actuellement le monde du cyclisme, nous vous présentons, comme chaque vendredi, une expression typique du jargon du vélo pour ne pas couper tout contact avec le sport. Aujourd'hui, nous nous intéressons à l'une des principales angoisses des coureurs: la voiture-balai.

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Demain devait initialement avoir lieu l’étape reine du Giro 2020, avec une arrivée jugée au sommet de la montée vers Sestrières. Une étape qui aurait certainement dû offrir un beau spectacle à l’avant de la course, mais aussi faire souffrir plus d’un organisme à l’arrière. Nettement moins à l’aise que les grimpeurs lorsque la pente s’élève, certains coureurs se regroupent en gruppetto à l’arrière du peloton. Mais la difficulté est parfois telle pour certains qu’ils peuvent rapidement entendre dans leur dos le bruit du moteur de la voiture-balai, le cauchemar de tout cycliste.

Chargée de récupérer les coureurs qui décident d’abandonner l’épreuve en cours de route, elle peut également arrêter ceux qui, n'avançant plus assez vite, se retrouvent hors des délais autorisés. Lorsque cela se produit, le coureur se voit retirer son dossard pour signifier son élimination de la course et prend place dans le minibus qui le ramène à l'arrivée. Aujourd'hui, cela se fait cependant de plus en plus rare et les coureurs montent souvent directement dans la voiture du directeur sportif.

L’origine de la voiture-balai dans une compétition cycliste remonte à 1910, lorsqu’elle fait son apparition au Tour de France à l'initiative de Henri Desgrange. Sa vocation était alors tout autre: elle devait veiller à ce que les retardataires n'empruntent pas d’autres moyens de locomotion que leur vélo pour terminer la course… Une autre époque!

Des dégâts sur le Tour 2018

Des dégâts sur le Tour 2018

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Si chaque coureur peut connaître une panne de jambes, être malade ou souffrir des conséquences d'une chute, lutter pour arriver dans les délais lors des étapes montagneuses est bien souvent le lot des sprinteurs, handicapés par leur gabarit qui se prête peu aux longues ascensions. Lors du Tour de France 2018, certains d'entre eux n'ont pas résisté au passage du peloton dans les Alpes. Après avoir passé leur journée devant la voiture-balai, des grands noms du sprint que sont Mark Cavendish, André Greipel, Marcel Kittel, ou encore Fernando Gaviria ont choisi de ne pas terminer la course ou ne sont pas parvenus à rallier l'arrivée à temps dans les 11e et 12 étapes, jalonnée de difficiles ascensions. Stars du peloton ou pas, le règlement fut appliqué et les vedettes du sprint ont dû quitter prématurément l'épreuve.

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