On this day: Freddy Maertens s'adjuge la Vuelta avec autorité

Il y a 43 ans jour pour jour, Freddy Maertens devenait le sixième coureur cycliste Belge à remporter le Tour d’Espagne. Leader du premier au dernier jour de la course, le grand rival d’Eddy Merckx signait là l’un de ses derniers grands succès.

© Belga

Un coureur belge qui gagne un des trois grands tours du calendrier cycliste, voilà qui n’est plus très courant de nos jours. Si nous plaçons aujourd’hui autant d’espoirs en Remco Evenepoel, c’est parce que l’attente devient longue. Depuis Johan De Muynck, vainqueur du Tour d’Italie en 1978, aucun Belge ne s’est imposé sur le Tour, le Giro ou la Vuelta. Un an avant De Muynck, Freddy Maertens, l’un des plus grands champions que notre pays ait connu, s’adjugeait de façon autoritaire le Tour d’Espagne.

Freddy Maertens débarque avec toute sa fougue dans un peloton professionnel dominé de la tête et des épaules par le tout-puissant Eddy Merckx. Lors de sa première saison et à 21 ans seulement, Maertens passe tout près du titre de champion du monde à Barcelone. Felice Gimondi profite alors d’une mésentente entre le Cannibale et le jeune flandrien pour s’emparer du maillot arc-en-ciel. Le début d’une inimitié longue de plusieurs décennies entre les deux hommes.

Cela n'empêche pas le natif de Nieuport de se forger un palmarès impressionnant durant la première partie de sa carrière. A 25 ans, le leader de l’équipe Flandria comptabilise déjà près de 200 succès, dont des classiques comme l’Amstel Gold Race, Paris-Tours ou Gand Wevelgem, ainsi que le classement par points du Tour. A l’aube de la saison 1977, le Belge respira la confiance. Avec son maillot de champion du monde conquis quelques mois plus tôt, il remporte notamment Het Volk et Paris-Nice, avant de filer vers la Vuelta.

Une insolente domination

Une insolente domination

© EPA

En Espagne, Maertens annonce d’emblée la couleur. Il finit en tête du prologue avec 14 secondes d’avance sur son compatriote et équipier Michel Pollentier et 22 secondes sur le vainqueur sortant José Pesarrodana. Une place de leader qu’il ne quittera plus jusqu’à l’arrivée finale à Miranda de Ebro. Coureur complet, le Belge dispose d’une pointe de vitesse exceptionnelle qui lui permet de gagner plusieurs jours de suite dans les courses à étapes, ce qu'il ne se privera pas de faire sur cette Vuelta.

Dans les ascensions, Maertens serre les dents et parvient à rester dans les roues de ses principaux concurrents que sont les Espagnols Domingo Perurena et Miguel Maria Lasa ou encore le Portugais Joaquim Agostinho. Sur la plaine, le champion du monde est intouchable et remporte même cinq étapes consécutives. L'écrasante supériorité du Belge décourage ses adversaires qui, en raison du jeu des bonifications, ne font que perdre du temps.

S l'étape entre Bilbao et Urkiola constitue une des dernières opportunités pour les adversaires de Maertens de lui faire mal, il n’en sera rien. Le Belge résiste et, le jour suivant, s’offre sa treizième (!) victoire sur la dernière étape pour remporter la Vuelta avec près de trois minutes d’avance sur son plus proche poursuivant Lasa. Un exploit inouï, puisqu’il bat le record de douze victoires détenu par l'Espagnol Delio Rodriguez depuis 1941. Outre ses treize victoires, Maertens s'offre également le classement par points et celui des sprints intermédiaires. Il s’impose en Espagne tel “un dictateur sud-américain”, résumera ironiquement l'écrivain Olivier Dazat.

Une fin de carrière en eau de boudin

Une fin de carrière en eau de boudin

© Hollandsehoogte

Sur sa lancée, Freddy Maertens participe au Tour d’Italie où il impose encore sa loi en remportant sept étapes, avant d'être victime d’une mauvaise chute sur le circuit du Mugello qui lui occasionne une fracture au poignet. "C’est ma carrière qui s’est brisée", écrira-t-il plus tard dans son autobiographie. Maertens ne sera en effet plus jamais le même après cet épisode. Malgré deux nouveaux maillots verts sur le Tour et un nouveau titre de champion du monde en 1981, il ne retrouvera jamais son lustre d’antan.

Il connut également des déboires financiers ainsi que des problèmes psychologiques et de dépendance à l’alcool. En 1987, alors qu’il est âgé de 35 ans, Freddy Maertens pend définitivement son vélo au clou, ponctuant une carrière à deux visages. Il laisse en tout cas derrière lui l'un des palmarès les plus impressionnants du sport belge.

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