Coupe du Monde 2018, le groupe F à la loupe : la Mannschaft et El Tri peuvent-ils trébucher contre les Blagult et le Tigre d’Asie ?

Même si le Groupe F apparaît disproportionné au niveau des valeurs en présence, plusieurs rencontres s’annoncent spectaculaires. Car Allemands, Mexicains, Suédois et Coréens ne passent pas pour des apôtres du jeu défensif. Loin de là même. On se souvient ainsi que lors des qualifications pour le précédent Mondial, la Mannschaft et les Blagult suédois avaient fait tourner fou les marquoirs de leur stade respectif lors de leurs deux duels (4-4 et 5-3).
Coupe du Monde 2018, le groupe F à la loupe : la Mannschaft et El Tri peuvent-ils trébucher contre les Blagult et le Tigre d’Asie ?

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Un groupe déjà plié ?

A première vue, le groupe F est clairement scindé en deux entre deux équipes de calibre mondial et deux faire-valoir. La Mannschaft défendra son titre de Championne du Monde en Russie. Et le Mexique, souvent footballistiquement chatoyant, est un abonné aux huitièmes de finale. Mais ces derniers mois, l’Allemagne enchaîne les prestations décevantes et les footballeurs mexicains viennent d’être impliqués dans un vaste « scandale » sexuel. Ce qui est sûr, c’est que Suédois et Coréens n’auront strictement rien à perdre dans ce Groupe F. Ce qui est toujours un ingrédient pour l’une ou l’autre surprise.

La Corée du Sud : le Tigre d’Asie veut retrouver ses griffes

La Corée du Sud : le Tigre d’Asie veut retrouver ses griffes

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La Corée du Sud en chiffres

Classement Fifa : 61*
Nombre de participations : 9
Nombre de matches disputés : 31
Victoires : 5
Nuls : 9
Défaites : 17
Buts marqués : 31
Buts encaissés : 67
Meilleur résultat : ½ finale en 2002
 
*Classement Fifa au 17 mai 2018

La Corée du Sud est un habitué des phases finales de la Coupe du Monde FIFA puisque depuis 1986 elle s’est systématiquement qualifiée pour la phase finale. Cependant, exceptée la mémorable place de demi-finaliste en 2002, et un huitième de finale en 2010, le Tigre de l’Asie n’est jamais vraiment parvenu à jouer un rôle en vue dans les tournois mondiaux. Et lors de cette édition 2018, on le voit mal inverser la donne. Car depuis des mois, l’équipe enchaîne des amicaux (8 en 2018) avec quelques couacs retentissants. Défaite notamment contre l’Irlande du Nord 2-1, contre la Pologne 3-2, contre la Bosnie-Herzégovine 1-3, voire encore le 7 juin dernier un 0-0 incolore contre la Bolivie.

Comment ils se sont qualifiés

Les Coréens ont connu une campagne inhabituellement mouvementée avec des défaites contre le Qatar, la Chine et l’Iran qui ont d’ailleurs valu un C4 à Uli Stielike, le sélectionneur allemand du Tigre d’Asie. Reste qu’ensuite sous la férule de Shin Tae-yong, l’équipe est finalement parvenue à terminer à la deuxième place de son groupe, derrière l’Iran, mais en ordre utile pour se qualifier.

Les stars de la sélection : Ki Sung-yueng, un médian biberonné à la Premier League

Les stars de la sélection : Ki Sung-yueng, un médian biberonné à la Premier League

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Capitaine de la sélection coréenne, Ki Sung-yueng disputera à 29 ans sa troisième phase finale de Coupe du Monde. Après trois saisons passées au Celtic, le médian des Tigres de l’Asie a été transféré à Swansea, club dont il porte le maillot depuis six saisons déjà (à l’exception d’une pige à Sunderland durant la saison 2013-2014). Doué techniquement, doté d’une excellente vision du jeu, il a une bonne passe et une frappe plus qu’appréciable dans le pied. Arrivé en fin de contrat à Swansea, nul doute qu’il aura à cœur de se mettre en évidence lors du raout mondial.

Les stars de la sélection : Son Heung-min, alias « Sonaldo »

Les stars de la sélection : Son Heung-min, alias « Sonaldo »

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Cet ailier de Tottenham de 25 ans est l’autre star du Tigre de l’Asie. Après des passages remarqués en Bundesliga, à Hambourg d’abord, puis au Bayer Leverkusen, « Sonaldo » comme la presse l’appelle parfois en référence à Ronaldo a été transféré en 2015 pour 30 millions d’euros à Tottenham où, malgré la concurrence, il s’est imposé en trois saisons comme une valeur sûre des Spurs.

L’entraîneur : Shin Tae-yong

L’entraîneur : Shin Tae-yong

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Cet ancien médian international a succédé en juin 2017 à Uli Stielike à la tête de l’équipe nationale. Sous sa férule, l’équipe a arraché sa qualification lors des deux derniers matches des éliminatoires. S’il n’est en place que depuis moins d’un an, Shin Tae-yong n’est pas un novice au plus haut niveau. En 2010, il a connu son plus grand succès dans sa carrière de coach en remportant la Champions League asiatique avec le Seongnam Ilhwa Chunma.

La Suède à l’heure de l’après-Ibra

La Suède à l’heure de l’après-Ibra

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La Suède en chiffres

Classement Fifa : 23*
Nombre de participations :11
Nombre de matches disputés : 46
Victoires : 16
Nuls : 13
Défaites : 17
Buts marqués : 74
Buts encaissés : 69
Meilleur résultat : finale en 1958
 
*Classement Fifa au 17 mai 2018

La Suède veut renouer depuis des années avec son glorieux passé. Cette dernière décennie, elle comptait dans ses rangs un footballeur d’exception : Zlatan Ibrahimovic. Malgré cela, les Blagult n’ont jamais décollé, restant à mille lieues en-dessous des résultats obtenus par l’équipe des Nordahl, Gren et Liedholm qui avaient dans les années 50 illuminé de leur classe la planète du football. Depuis un peu moins de deux ans, toutefois, la sélection coachée par Janne Andersson a tourné la page Ibra et espère jouer désormais sur d’autres valeurs que celles incarnées par son ancienne méga-star.

Comment ils se sont qualifiés

La Suède a terminé deuxième de son groupe devant les Pays-Bas, mais derrière la France qu’elle avait pourtant battue à Solna le 9 juin 2017 (2-1). Mais le véritable exploit signé par les Blagult a eu lieu durant les barrages puisqu’ils ont tout simplement privé la Squadra Azzurra d’une participation au Mondial (1-0 et 0-0).

Les stars de la sélection : Marcus Berg, quand Zlatan n’est pas là Marcus danse

Les stars de la sélection : Marcus Berg, quand Zlatan n’est pas là Marcus danse

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Marcus Berg n’est plus tout jeune. A 31 ans, cet ancien attaquant du HSV Hamburg évolue depuis plus d’un an à Al-Ain aux Emirats Arabes Uni pour ce qui ressemble à une pré-retraite. Mais depuis que Zlatan Ibrahimovic a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale après l’Euro 2016, Berg plante des buts comme il respire avec la Suède. Durant la campagne de qualification, il a secoué les filets adverses à 8 reprises. Alors qu’en 8 ans aux côtés d’Ibra, il n’avait marqué que 10 buts au total (matches amicaux compris).

Les stars de la sélection : Isaac Kiese Thelin

Les stars de la sélection : Isaac Kiese Thelin

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L’attaquant du RSC Anderlecht prêté la saison dernière à Waesland-Beveren a longtemps été considéré comme un des grands espoirs du football suédois. Il a d’ailleurs gagné l’Euro des Espoirs en 2015 avec la Suède. Transféré de Malmö à Bordeaux, puis à Anderlecht avant d’être prêté à … Waesland-Beveren, l’attaquant de père congolais tarde cependant à confirmer, même si sa bonne saison au Freethiel lui vaut aujourd’hui de recevoir une seconde chance au RSC Anderlecht, mais surtout une place dans la liste des 23 Suédois qui sont inscrits pour le Mondial en Russie.

L’entraîneur : Janne Andersson

L’entraîneur : Janne Andersson

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Andersson coache déjà depuis 30 ans, ce qui en fait à 55 ans un entraîneur expérimenté. Quand il a repris la sélection suédoise en 2016, il a rajeuni les cadres et a résolument tourné la page Ibrahimovic. Lorsqu’après la qualification de la Suède pour le Mondial l’ancienne star du PSG se voyait déjà revenir en équipe nationale, Andersson a tout simplement opposé une fin de non recevoir à cette offre de service. Son équipe qui a éliminé les Pays-Bas et l’Italie a prouvé qu’il y avait une vie après Ibra.

Le Mexique, l’éternel outsider

Le Mexique, l’éternel outsider

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Le Mexique en chiffres

Classement Fifa : 15*
Nombre de participations :15
Nombre de matches disputés : 53
Victoires : 14
Nuls : 14
Défaites : 25
Buts marqués : 57
Buts encaissés : 92
Meilleur résultat : quart de finale en 1970 et 1986
 
*Classement Fifa au 17 mai 2018

El Tri est souvent pointé comme un outsider des grands tournois auxquels il participe. Mais en Coupe du Monde, les Mexicains n’ont jamais dépassé le cap des quarts de finale. Et encore, c’était à chaque fois que le tournoi s’était déroulé à domicile (en 1970 et en 1986). Néanmoins, la Verde a aujourd’hui des arguments qui pourraient lui éviter une nouvelle déception. L’ossature de l’équipe n’est autre celle de l’équipe qui était devenue championne olympique en 2012 face au Brésil de Neymar.

Comment ils se sont qualifiés  

El Tricolor comme à son habitude n’a guère éprouvé de difficultés pour obtenir son ticket pour la phase finale de la Coupe du Monde. Trois journées avant la fin des éliminatoires de la zone CONCACAF, les Mexicains ont assuré leur présence au Mondial russe en battant le Panama (1-0).

Les stars de la sélection : Guillermo Ochoa, une année en rouche et verde

Les stars de la sélection : Guillermo Ochoa, une année en rouche et verde

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Le gardien du Standard est immensément populaire au pays des Aztèques. Lors du Mondial de 2014, il avait été par moments étincelant, livrant notamment un match d’anthologie contre le Brésil (0-0) en phase de groupes.



Curieusement, s’il est une méga-star en sélection, le dernier rempart d’El Tri n’a jamais percé au plus haut niveau en Europe où il n’a joué que dans des clubs de second rang (Ajaccio, Malaga, Grenade) avant de rejoindre l’été dernier le Standard de Liège. Une Coupe de Monde réussie lui ouvrira-t-elle enfin des portes vers le top européen absolu ?

Les stars de la sélection : Rafa Marquez, le Kaiser de Michoacan qui dispute son cinquième … Mondial

Les stars de la sélection : Rafa Marquez, le Kaiser de Michoacan qui dispute son cinquième … Mondial

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Rafa Marquez est la star absolue du football mexicain depuis près de deux décennies. L’ancien défenseur de l’AS Monaco, mais surtout du FC Barcelone s’offre une carrière à rallonge. Défenseur intransigeant, il disputera cet été son cinquième mondial (un record !!!). Son sens du placement, la qualité de ses relances lui valent depuis des lustres le surnom de Kaiser de Michoacan, en référence à Franz Beckenbauer.

L’entraîneur : Juan Carlos Osorio

L’entraîneur : Juan Carlos Osorio

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Ancien entraîneur adjoint à Manchester City, cet entraîneur colombien a bâti l’essentiel de sa carrière et de sa réputation comme coach en MLS américaine et en Colombie. Nommé à la tête de la sélection mexicaine en 2015, il affiche un bilan enviable de 27 victoires, 8 nuls et seulement 6 défaites. S’il a rapidement qualifié El Tri pour la Coupe du Monde de 2018, en Russie, Osorio jouera cependant son avenir à la tête de la sélection mexicaine. Une partie des médias du pays l’ayant dans le viseur en lui reprochant de ne pas avoir de onze type, voire de trop faire tourner son effectif.

L’Allemagne, un colosse aux pieds d’argile ?

L’Allemagne, un colosse aux pieds d’argile ?

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L’Allemagne en chiffres

Classement Fifa : 1*
Nombre de participations :18
Nombre de matches disputés : 106
Victoires : 66
Nuls : 20
Défaites : 20
Buts marqués : 224
Buts encaissés : 121
Meilleur résultat : champion en 1954, 1974, 1990 et 2014
 
*Classement Fifa au 17 mai 2018

La Mannschaft n’est pas la sélection la plus titrée avec ses quatre titres mondiaux. Le Brésil en a gagnés cinq. Mais au niveau de la régularité dans l’excellence, aucun pays ne fait aussi bien que les champions du monde sortants. Avec quatre finales gagnées, quatre finales perdues, cinq demi-finales, la Mannschaft est un modèle de régularité, avec très peu de ratés dans son moteur. Depuis 2002, les Aigles ont enchaîné une finale, deux demi-finales et un titre mondial. Personne n’a fait mieux. Et pourtant, aujourd’hui, la sélection de Joachim Löw est en proie aux doutes. Car après une année 2017 impressionnante, en 2018, ses résultats sont tout sauf rassurants (défaites en amical contre le Brésil et contre … l’Autriche !).

Comment ils se sont qualifiés

La campagne des éliminatoires a été une promenade de santé pour les champions en titre. Avec un bilan de 30 points sur 30 et un goal average de 43 buts marqués pour 4 encaissés, Irlandais du Nord, Tchèques, Norvégiens et Azéris n’ont jamais eu voix au chapitre.

Les stars de la sélection : Toni Kroos, la star discrète

Les stars de la sélection : Toni Kroos, la star discrète

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L’actuel médian du Real fait depuis 8 ans partie des meubles de la Mannschaft. Alors qu’il n’a jamais que 28 ans, il a déjà tout gagné. Un titre mondial avec l’Allemagne et quatre Ligues des Champions avec le Bayern et le Real. Passeur hors pair, doué techniquement mais aussi travailleur, il est sans doute dans son genre le meilleur joueur mondial à son poste. Il est à l’image de la Mannschaft. Il passe rarement à côté de son match.

Les stars de la sélection : Manuel Neuer, le gardien-libéro

Les stars de la sélection : Manuel Neuer, le gardien-libéro

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Manuel Neuer n’a quasiment pas joué cette saison après sa fracture du métatarse en septembre dernier. Pourtant, Joachim Löw l’a repris dans sa sélection de 23 joueurs pour le Mondial de 2018, alors que l’Allemagne ne manque pas de gardiens de haut niveau. Mais Neuer est unique dans son genre. Il a tous les talents d’un gardien classique, mais il a également une excellente relance (à la main et du pied) et n’hésite pas non plus à participer au jeu pour endosser en quelque sorte un rôle de libéro. En reconversion offensive, avec lui, la Mannschaft joue à onze et crée le surnombre.

L’entraîneur : Joachim Löw

L’entraîneur : Joachim Löw

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L’ex-adjoint de Jürgen Klinsmann est à la tête de la Mannschaft depuis 2006. Sous sa férule, l’Allemagne développe un jeu à la fois spectaculaire et offensif, mais surtout d’une redoutable efficacité. En douze ans, Löw s’est forgé un palmarès impressionnant qui a assis son autorité sur le football allemand. Finaliste de l’Euro 2008, demi-finaliste du Mondial de 2010, demi-finaliste de l’Euro 2012, champion du monde en 2014, demi-finaliste de l’Euro 2016 et enfin vainqueur de la Coupe des Confédérations en 2017 avec une « sélection B », le sélectionneur allemand a suffisamment d’aura que pour s’offrir le luxe d’inscrire Neuer dans sa liste des 23 et d’en écarter par ailleurs Leroy Sané !

Notre pronostic

Notre pronostic

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Peut-on sérieusement imaginer que l’Allemagne ne se qualifiera pour le deuxième tour ? Ce serait alors une toute première dans l’Histoire de la Coupe du Monde. Car lors de ses 18 participations précédentes, la Mannschaft est toujours passée au tour suivant. L’intérêt dans ce groupe se situe donc au niveau de la lutte pour la deuxième place qui devrait concerner le Mexique et la Suède, la Corée du Sud paraissant un niveau en-dessous. Entre les Aztèques et les Blagult, on serait plutôt tenté de miser sur les premiers.

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