5 gestes emblématiques de sportifs contre la discrimination

Après la mort de l'Afro-Américain George Floyd, violemment tué par un policier blanc à Minneapolis, les États-Unis sont dans la tourmente depuis quelques jours. Le week-end dernier, d'innombrables hommages lui ont été rendus sur les terrains de sport du monde entier. Dans l'histoire, de nombreux sportifs ont souvent posé des gestes forts dans la lutte contre la discrimination fondée sur la couleur de la peau, le genre ou encore l'orientation sexuelle. Florilège des actes les plus marquants.

Colin Kaepernick plie le genou pendant l'hymne national

Colin Kaepernick plie le genou pendant l'hymne national

© Isopix

Après son but contre l'Union Berlin le week-end dernier, l'attaquant du Borussia Mönchengladbach Marcus Thuram a posé un genou à terre en hommage au regretté George Floyd. Un geste qui pourrait avoir des conséquences puisque les actions politiques sont interdites sur un terrain de football. L'hommage de Thuram était, en fait, une imitation de la pose emblématique du quarterback de la NFL Colin Kaepernick en 2016. Ce dernier avait, en effet, refusé de se lever pour écouter l'hymne national afin de protester contre la violence excessive dont sont victimes les Afro-Américains aux États-Unis. "Je refuse de me lever et de montrer mon respect pour le drapeau d'un pays qui opprime les gens à la peau foncée et de couleur", a expliqué M. Kaepernick. Le geste a été rapidement suivi, et après une intervention du président américain Donald Trump, le quarterback des San Francisco 49ers a été escorté jusqu'à la sortie. Depuis lors, aucune franchise de la NFL ne veut être associée au joueur, même si Nike a entièrement dédié le trentième anniversaire de sa campagne "Just Do It" à Kaepernick.

Les poings levés de Tommie Smith et John Carlos

Les poings levés de Tommie Smith et John Carlos

© Iconsport

Cette protestation contre l'oppression envers les Afro-Américains dans la société américaine n'est pas seulement un phénomène contemporain. Il y a un peu plus de cinquante ans, le 16 octobre 1968, les sprinteurs américains Tommie Smith et John Carlos faisaient scandale en tendant leurs poings gantés de noir sur le podium de la finale du 200 m des Jeux olympiques de Mexico. Dans une année 1968 déjà fort mouvementée, marquée notamment par l'assassinat de Martin Luther King et la protestation croissante contre la guerre du Vietnam, les deux athlètes ont décidé de montrer leur soutien aux droits des Afro-Américains lors de la cérémonie de remise des médailles. Smith et Carlos sont montés sur scène sans chaussures et vêtus de chaussettes noires et d'un gant noir. Pendant l'hymne national, les deux hommes ont levé les bras en l'air, souscrivant ainsi aux idées du mouvement du Black Power. Un geste emblématique qui n'a pas été apprécié par le CIO, car les deux athlètes ont ensuite été exclus des Jeux olympiques.

Un baiser russe aux Championnats du monde d'athlétisme

Un baiser russe aux Championnats du monde d'athlétisme

© Reuters

Le racisme n'est pas la seule forme de discrimination à combattre. L'orientation sexuelle de chacun est encore également très critiquée dans plusieurs pays à l'heure d'aujourd'hui. La Russie, par exemple, possède l'une des lois contre les homosexuels les plus strictes au monde. Lors des Championnats du monde 2013 organisés à Moscou, l'athlète suédoise spécialiste du saut en hauteur Emma Green avait décidé de peindre ses ongles aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole des droits LGBT, avant de les recouvrir de rouge à la suite des réprimandes de l'IAAF. Un autre moment mémorable avait cependant retenu l'attention à la suite de la finale du relais 4x400 mètres chez les dames. Les athlètes russes Kseniya Ryzhova et Tatyana Firova ont, en effet, fêté leur victoire en s'embrassant sur la bouche, un geste qu'elles ont répété sur le podium. Une déclaration forte ou un simple moment de complicité ? Une semaine plus tard, Ryzhova a apporté un élément de réponse. Lors d'une conférence de presse, elle a affirmé qu'elle se sentait "insultée" par l'insinuation qu'il s'agissait d'une déclaration politique. A-t-elle réagi de la sorte sous la pression du régime russe ? La question mérite d'être posée...

Daniel Alves et l'incident de la banane

Daniel Alves et l'incident de la banane

© Imago

Même les footballeurs de haut niveau ne sont pas à l'abri du racisme. Après que la star du football Neymar ait été victime de bruits de singe pour la énième fois lors du match à l'extérieur contre l'Espanyol, son compatriote Daniel Alves réagira de la meilleure des manières contre Villarreal quelques semaines plus tard. Le défenseur brésilien, qui s'apprête à donner un corner, voit une banane atterrir devant lui en provenance des tribunes. Il décide alors de s'emparer du fruit, de l'éplucher et de le manger. "Cela fait onze ans que ça se passe et on ne peut rien y faire, alors il vaut mieux le voir comme à une blague. Si nous ne nous en soucions pas, ils échouent dans leur intention", s'était expliquée la star du FC Barcelone à l'époque. La campagne "We Are All Monkeys" (Nous sommes tous des singes, Ndlr) avait été lancée quelques temps après.

Los Suns

Los Suns

© NBA

Outre les Afro-Américains, la communauté latino-américaine souffre également aux États-Unis. Lorsque l'État de l'Arizona a adopté une loi controversée sur l'immigration en 2010, permettant à la police de simplement arrêter les gens dans la rue pour vérifier leur statut, l'équipe NBA des Phoenix Suns a tenu à réagir. À l'occasion du Cinco de Mayo, un jour férié majeur pour la communauté latino, les Suns sont entrés sur le terrain dans le cadre d'un match de playoff contre les San Antonio Spurs munis d'un maillot sur lequel était inscrit "Los Suns". De la sorte, ils ont souhaité soutenir la grande communauté latino de la ville (34% de la population totale).

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